
oin du tumulte de l'Hungaroring, les jeunes pousses françaises en
décousaient le week-end dernier sur le circuit d'Essay, en Normandie.
La finale des minimes n'a pas manqué de sel, six pilotes jouant au chat et à
la souris durant toute l'épreuve. A ce petit jeu, un certain Adrien Tambay s
'est montré le plus futé. Du haut de ses 11 printemps, Tambay attendait le
dernier moment pour sortir une botte de vieux briscard.
Adrien profitait en effet de l'aspiration, mais aussi de la désinvolture de
Zéfirini, déjà bras victorieux tendus, pour le doubler dans les derniers
centimètres de course !
Actuellement deuxième au championnat Adrien Tambay rêve certainement de
rouler sur les mêmes trajectoires que son illustre père, Patrick Tambay,
assurément l'un des pilotes les plus doués de sa génération.
Comment oublier les exploits de Tambay à Hockenheim en 1982, lui qui,
remplaçant son ami Gilles Villeneuve décédé trois mois plut tôt, fit à
nouveau triompher la Ferrari frappée du numéro 27. Projeté sur le devant de
la scène à la suite du dramatique accident qui écartera Didier Pironi des
circuits, Patrick Tambay ne tremblait pas et endossait toutes les
responsabilités d'un leader en remportant brillamment l'épreuve allemande au
lendemain du terrible crash de son compatriote.
Le natif de Cannes doublait la mise le 1ier Mai 1983, en décrochant une
victoire riche en émotions, sur le circuit de Saint-Marin, une victoire pour
son ami Gilles disparu, acquise sur les terres de la Scuderia.
Pilote rapide et incisif, excellent metteur au point, Patrick Tambay fut le
premier pilote à décrocher le volant Elf du circuit Paul Ricard. Après des
débuts probants dans les formules de promotion, Tambay effectuait
logiquement son entrée dans le pinacle du sport automobile. De Ensign à
Renault en passant par l'étrange Théodore à l'aileron avant fixé en aplomb
du museau, Ferrari et McLaren – où il fit jeu égal avec le champion du monde
James Hunt en 1978 – Patrick Tambay n'a pas toujours rencontré le succès qu'
il méritait sur l'ancien continent.
La série outre-atlantique Can-Am lui apporta en revanche deux couronnes en
1977 et 1980, dans un championnat qu'il marqua de son empreinte.
Souhaitons à Adrien de connaître une carrière aussi riche et brillante que
celle de son père !
Frédéric DELARUE
CAPSIS International